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SAS Komers · Toulouse

L'agrément du franchiseur, passage obligé de toute reprise

Aucune cession d'unité franchisée ne se conclut sans l'accord du réseau. Ce qu'il regarde, ce qu'il peut refuser, et le calendrier réel qu'il impose au dossier.

Dans une cession de fonds de commerce ordinaire, le cédant et le repreneur suffisent à faire l’affaire. En franchise, il y a un troisième acteur qui n’est pas partie au prix mais qui peut arrêter l’opération : le franchiseur.

En bref

L’agrément du franchiseur est l’accord écrit que le réseau donne, ou refuse, au repreneur d’un point de vente franchisé. Il est prévu par la clause de cession du contrat de franchise, conclu intuitu personae, et s’accompagne souvent d’un droit de préemption qui permet au réseau de se substituer au repreneur au prix convenu. Le franchiseur examine la capacité financière du candidat, son profil opérationnel et son adhésion au concept, en trois à huit semaines selon les enseignes. L’agrément ne vient pas à la fin de l’opération : il conditionne la lettre d’intention, le financement et l’acte, et doit être instruit en parallèle de la banque. Un cédant qui prévient son réseau avant de chercher un repreneur obtient une instruction rapide ; un réseau mis devant le fait accompli instruit lentement.

Pourquoi le réseau a-t-il son mot à dire ?

Le contrat de franchise est conclu intuitu personae : le réseau a choisi une personne, pas seulement une société. La quasi-totalité des contrats prévoient donc une clause d’agrément : la cession du fonds ou des titres est subordonnée à l’accord écrit du franchiseur. Et souvent un droit de préemption qui lui permet de se substituer au repreneur au prix convenu.

Ces deux clauses sont valables. Les contester est un mauvais combat : elles sont la contrepartie normale d’un réseau qui protège son enseigne.

Qu’examine réellement le franchiseur ?

Trois choses, dans cet ordre.

La capacité financière. Un repreneur sous-capitalisé menace l’enseigne plus qu’un point de vente fermé : il coupe dans la qualité, il retarde les redevances, il abîme la marque localement.

Le profil opérationnel. Selon les réseaux, l’exigence porte sur l’expérience du métier, sur celle du management, ou seulement sur la disponibilité. Un candidat qui reprend en investisseur passif est refusé par la plupart des enseignes de restauration.

L’adhésion au concept. Le réseau cherche un franchisé qui appliquera le manuel, pas un exploitant qui compte l’amender. La question se pose franchement en entretien, et les réponses de façade se voient.

Quel est le calendrier réel ?

C’est le point que les cédants découvrent trop tard. L’agrément n’intervient pas à la fin : il conditionne toute la suite. Le déroulé habituel :

  1. Le repreneur signe l’accord de confidentialité et reçoit le dossier complet.
  2. Il émet une lettre d’intention, sous condition d’agrément et de financement.
  3. Le franchiseur instruit le candidat : entretien, dossier financier, parfois immersion en unité. Comptez trois à huit semaines selon les réseaux.
  4. L’agrément obtenu, le financement bancaire se boucle sur un dossier désormais crédible.
  5. Le compromis puis l’acte définitif, avec la signature d’un nouveau contrat de franchise ou l’avenant de transfert.

Un dossier bien tenu se conclut en quatre à six mois. Les dossiers qui traînent sont presque toujours ceux où l’on a attendu l’accord de la banque avant de solliciter le réseau. Les deux instructions peuvent, et doivent, courir en parallèle.

Quels pièges faut-il connaître ?

Le contrat résiduel. Un contrat de franchise à dix-huit mois de son terme ne vaut pas un contrat à six ans. Le repreneur doit savoir s’il signe un nouveau contrat de durée pleine ou s’il reprend le solde du contrat en cours : la différence se chiffre, et se négocie sur le prix.

Les conditions de renouvellement. Certains réseaux profitent du transfert pour imposer une mise aux normes du point de vente ou une rénovation du concept. Ce budget doit apparaître dans le plan de financement du repreneur, jamais après.

Comment un cédant prépare-t-il le terrain ?

Prévenir le franchiseur de son intention de céder avant de chercher un repreneur. Un réseau mis devant le fait accompli instruit lentement ; un réseau associé en amont propose souvent des candidats de son propre vivier, et l’agrément devient une formalité.

Pour aller plus loin

L’agrément décide de qui reprend ; le prix décide de combien. Comment se fixe le prix d’une unité franchisée détaille le multiple d’EBE et l’effet du contrat résiduel, celui-là même que le réseau examine. Et pour la vue d’ensemble, reprendre une franchise plutôt que d’en ouvrir une compare les deux voies sur le risque et le financement.

Vous cédez ? Céder sa franchise : comment ça marche, et combien de temps ça prend replace l’agrément dans le calendrier complet d’une cession.

Vous dirigez un réseau ? La page réseaux de franchise décrit comment les cessions de votre parc peuvent être accompagnées sans que vous deveniez partie au prix.

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